31-01-08
...
Elle : N'avais-je pas de lieu ? Pas un recoin de ta vie où je pouvais me glisser, comme un secret au creux de ton oreille. Presque transparente, une fraîcheur dans le fond de l'air, un bruissement, à peine une existence ? N'y avait t-il pas une place pour notre mystère, une toile pour notre noir ? N'y avait-il pas un silence où dire nos dernières errances?
Lui : Le cerisier est toujours là. Regarde. On dirait qu'il attendait la scène. Là bien avant nous. Là à regarder les hommes s'étreindre, puis s'entretuer, dans le même élan d'amour. Je me souviens... ta robe de printemps... la pâleur des visages... le même blanc... sur ma palette... J'aurais passé ma vie à le chercher, le blanc de ce cerisier en fleurs.
(...)
Elle : Pourquoi avoir fait mourir nos métaphores ? Nous n'avions qu'à peine lu... C'était alors qu'il fallait écrire. Aujourd'hui, ça n'a plus de sens. Le langage s'est humilié dans nos adieux.
Lui : C'est comme le blanc. Ca naît du noir, ça tourne au gris. Ca n'est jamais tout à fait blanc. Pour peu que l'on s'y arrête, nos instants de pur blanc sont tout ce qu'il y a de plus rares. L'amour ?
C'est ainsi que nous voudrions appeler les choses…
La littérature s'arrête à l'endroit de ce blanc. Contre l'impossibilité de dire... qui nous condamne toute notre vie, à parler.
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